À l’Estaque, des habitants unissent leurs forces pour préserver le célèbre « camembert » de Cousteau
À l’Estaque, un collectif d’habitants s’organise pour sauver le bâtiment surnommé « camembert », un édifice emblématique lié à l’histoire maritime de la région. Construit dans les années 1970, ce bâtiment à la structure circulaire témoigne de l’architecture moderniste et représente un point de connexion entre deux pôles majeurs pour la recherche subaquatique. Ce mouvement citoyen vise à préserver ce patrimoine menacé de démolition, tout en appelant à sa valorisation pour le bénéfice de la communauté.
Le camembert : un édifice emblématique
Situé à l’Estaque, quartier typique au bord de la Méditerranée, le camembert est un bâtiment rond aux façades vitrées qui offre une vue imprenable sur la mer. Conçu par Jean-Michel Cousteau, fils du célèbre commandant, ce bâtiment a d’abord abrité des bureaux pour des équipes de scientifiques avant de devenir un établissement de balnéothérapie. Sa fermeture récente a suscité une réaction parmi les habitants qui ne veulent pas voir disparaître un symbole de leur histoire.
Un héritage à préserver
Le bâtiment est non seulement un témoignage du passé, mais il joue également un rôle clé dans l’histoire de la recherche sur le milieu marin. En étant adjacent au SAGA, le plus grand sous-marin civil du monde, et au DRASSM, le pôle de recherches archéologiques sous-marines, le camembert est au cœur d’un réseau unique de recherche. L’absence d’une vitrine pour valoriser ce patrimoine local représente une lacune, que les habitants espèrent combler.
Mobilisation citoyenne
Les membres du collectif Thala, avec d’autres acteurs associatifs, se mobilisent pour revendiquer la préservation du camembert. Ils réclament sa réhabilitation comme un espace muséal, un lieu de rencontre et d’échange autour de l’histoire marine et scientifique d’Estaque. Jonathan Cacchia, un des porte-parole du collectif, souligne que le bâtiment pourrait servir de vitrine pour le public, tout en reconnectant le patrimoine local avec ses racines.
Les enjeux de la démolition
Le Grand port maritime de Marseille, qui possède le bâtiment, a prévu sa démolition pour des raisons peu claires. Les craintes se concentrent sur une possible centralisation des objets de valeur maritime, éloignant ainsi le SAGA de son territoire d’origine. Michel Teule, du collectif, a exprimé son inquiétude face à cette décision en affirmant qu’un tel déménagement effacerait l’héritage historique de l’Estaque et couperait les liens avec le passé industriel et maritime de la région.
Un avenir incertain
Pour l’instant, les discussions se poursuivent entre les différents acteurs, mais les habitants ne comptent pas laisser filer cette chance. Ils ne demandent pas seulement la préservation d’un bâtiment, mais l’appropriation de leur patrimoine culturel par la population. La volonté de réhabiliter le camembert pourrait créer un lieu dynamique, enraciné dans une histoire partagée, capable d’attirer les curieux et de valoriser l’héritage culturel de l’Estaque.
À l’Estaque, le combat pour sauver le célèbre « camembert » de Cousteau est représentatif d’un attachement profond des habitants à leur histoire et leur patrimoine. À travers une mobilisation citoyenne forte, les résidents cherchent à faire entendre leur voix face à des décisions perçues comme déconnectées des réalités locales. Le bâtiment, plus qu’une simple structure architecturale, est un symbole d’une époque et d’une culture maritime unique qui mérite d’être préservée. Son avenir, encore incertain, dépendra de la capacité de la population à faire entendre son désir de valorisation et de reconnaissance. Dans un monde où l’oubli guette, l’Estaque montre qu’il est possible de s’unir pour défendre son histoire et son identité, prenant ainsi un pas déterminant vers un avenir où le patrimoine ne serait plus un simple souvenir, mais une réalité vivante et dynamique.